- Recherche,
L’I.U.T. Jean-Moulin Lyon 3 soutient la recherche : colloque Dancourt
Publié le 4 février 2026 – Mis à jour le 4 février 2026
Trois cents ans après sa disparition, le dramaturge et comédien Florent Carton Dancourt a été placé au cœur d'un colloque-festival international d'envergure, organisé du 4 au 6 décembre 2025 à Paris et Versailles. Soutenu par l’I.U.T., cet événement pluridisciplinaire a réuni universitaires et artistes pour réévaluer l’œuvre de cet acteur central de la Comédie-Française. Entre approches institutionnelles, recherches-créations intégrant l'intelligence artificielle et représentations musicales, ces trois journées ont mis en lumière l'étonnante modernité d'un répertoire où se mêlent satire sociale, innovation spectaculaire et humanités numériques.
En janvier 2025, le conseil de l’I.U.T. a voté à l’unanimité une aide financière importante (2000 €) au projet de colloque-festival international « Le Cas Dancourt (1661-1725). Actualités d’un professionnel du spectacle, 300 ans après sa mort », porté par Sylvain Cornic, maître de conférences en littérature française et techniques d’expression au Département Carrières juridiques de l’Institut et membre de l’I.H.R.I.M. (Institut d’Histoire des Représentations et des Idées dans les Modernités, U.M.R. 5317). Ce soutien financier a permis au colloque d’atteindre toute son ampleur, avec l’aide d’un comité d’organisation où Sylvain Cornic a été rejoint par Céline Candiard (Lyon 2, I.H.R.I.M.), Matthieu Franchin (Sorbonne Université, IReMus), Sara Harvey (University of Victoria, Canada), Jeanne-Marie Hostiou (Université Sorbonne Nouvelle, I.R.E.T.), et Éric Négrel (Lyon 2, I.H.R.I.M.).
L’événement s’est déroulé à Paris et Versailles, les 4, 5 et 6 décembre 2025.
Il a permis une réévaluation approfondie de l’œuvre de Florent Carton Dancourt, acteur central de la Comédie-Française naissante et auteur d’une soixantaine de pièces, dont plus d’un tiers remportèrent un important succès public.
Les allocations d’ouverture de Baptiste Manier, secrétaire général de la Comédie-Française, et de Louis-Gilles Pairault, conservateur de la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française, ont souligné la nécessité de réintégrer Dancourt dans le patrimoine institutionnel. L’introduction du colloque par le comité d’organisation a mis en avant le caractère emblématique de l’auteur, dont l’œuvre se distingue par une production tout à la fois en lien avec les sujets d’actualité et soucieuse des conditions de sa réception, deux éléments qui rendent compte d’un impératif de succès et inscrive l’œuvre dans son contexte économique et institutionnel. Le colloque-festival est par ailleurs en lien avec le projet d’édition scientifique du Théâtre complet de Dancourt en dix volumes, sous la direction de Sylvain Cornic et Éric Négrel, à paraître aux éditions Classiques Garnier, dans la « Bibliothèque du XVIIe siècle ».
La première journée, à la Comédie-Française, a été axée autour d’une approche institutionnelle et générique. Elle a mis en lumière la double identité de Dancourt : celle de l’homme de troupe et celle de l’auteur prolifique, dramaturge le plus joué après Molière à la Comédie-Française. Une lecture par Dominique Blanc et Danièle Lebrun, sociétaires de la Comédie-Française, d’un choix d’extraits de comédies de Dancourt a terminé cette journée inaugurale en faisant résonner avec éclat la dimension foncièrement comique de ce théâtre.
La deuxième journée, accueillie au Centre de Musique Baroque de Versailles, a porté une attention particulière à la dimension spectaculaire de l’œuvre dramatique de Dancourt, marquée par la collaboration avec les meilleurs compositeurs du temps, ainsi qu’avec des maîtres de danse, offrant un bel exemple de réunion des arts. Plusieurs contributions ont abordé la dimension musicale et chorégraphique de ces pièces, accordant une riche place aux travaux de recherche-création, dans le cadre d’une session intitulée « Musique et danse dans les intermèdes et les divertissements ». A été ainsi présenté le projet Get-in-past, consacré à une recherche exploratoire sur la lecture automatisée du second intermède des Trois cousines à l’aide de l’intelligence artificielle et de la réalité virtuelle. Cette recherche a été menée conjointement à un travail de recherche-création autour d’un espace immersif permettant de donner une idée des conditions de représentation d’un théâtre du XVIIIe siècle. Une « conférence dansée » portant sur les intermèdes de danse d’une reprise des Trois cousines par Auguste Ferrère à Valenciennes en 1782 a été accompagnée des danseur et danseuse Jehanne Baraston et Antonin Pinget, ainsi que des musiciens Colin Heller et Matthieu Franchin. Cette conférence-performance a illustré l’importance de la précision et des détails techniques de la danse du XVIIIe siècle, renforçant la thèse de l’hybridité structurelle de la comédie de Dancourt. La journée s’est achevée par une table ronde intitulée « Recherche-création : lectures actuelles de Dancourt », réunissant les organisateurs du colloque et Matthieu Franchin (Ensemble Le Grand Ballet & Sorbonne Université), Hubert Hazebroucq (Cie Les Corps Éloquents), Judith le Blanc (Université de Rouen Normandie), Tiphaine Karsenti (Université Paris Nanterre), et Agnès Bourgeois (Cie Terrain de Jeu & Université Paris Nanterre).
La dernière journée a mis en lumière les multiples « actualités » de Dancourt. Les intervenantes et intervenants ont souligné la connexion des « dancourades » avec les événements contemporains et différents discours médiatiques du temps. Par exemple, Gabriele Vickermann-Ribémont (Université d’Orléans) a étudié la satire juridique et les figures d’hommes de loi (souvent dépeints comme « douteux et profiteurs »), confirmant la connaissance du droit par Dancourt, qui produit une véritable « comédie de droit ». Une session consacrée aux « Questions de société » a exploré la dimension sociologique de l’œuvre (l’« invention de la banlieue » dans les petites comédies, l’opposition entre la provinciale et la Parisienne comme archétypes façonnés par l’espace et l’économie, la force des figures féminines la manière dont Dancourt met en question la condition féminine et les instabilités sociales. La dernière session, « Dancourt et les humanités numériques », a été consacrée à l’aide que les outils numériques pouvaient apporter à l’étude de ses œuvres : Ioanna Galleron (Université Sorbonne Nouvelle) a ainsi présenté le succès et les limites d’un système génératif basé sur un grand modèle de langage (LLM) dans le pastiche des comédies de Dancourt, ce qui a soulevé des questions sur la dimension préfabriquée du style de Dancourt..
Le colloque-festival s’est achevé, comme il se devait, en musique et en danses, avec le spectacle « Venez dans l’île de Cythère. Musiques et danses de Jean-Claude Gillier », créé par l’Ensemble Le Grand Ballet, sous la direction musicale de Matthieu Franchin (également au clavecin), dans une mise en scène de Marie-Astrid Adam, et avec la participation de Camille Fritsch (chant), Romain Bazola (chant et hautbois), Imanol Iraola (chant et percussions), Colin Heller (violon et vielle à roue), Armance Merle (flûte à bec et traverso) et Thomas Guyot (violoncelle).
Les trois journées du colloque-festival ont réuni un public nombreux et diversifié, dans des lieux accueillants et une ambiance conviviale, propices aux échanges humains et scientifiques. Suivant une approche pluridisciplinaire, l’événement a permis d’explorer les multiples facettes de l’œuvre du comédien-dramaturge et son intermédialité constitutive, marquée par la collaboration avec les meilleurs artistes du temps. En interrogeant ses dimensions culturelles, sociales, institutionnelles, dramatiques, musicales, chorégraphiques, ainsi que ses résonances actuelles, en donnant corps et voix à l’art protéiforme des spectacles, les travaux ont offert un regard renouvelé sur ce riche répertoire, tout en mesurant quels affects pouvaient être encore mobilisés par une œuvre qui célèbre l’imagination, l’audace et l’innovation.
Salle Mounet-Sully de la Comédie-Française
Théâtre pédagogique de l'Université Sorbonne Nouvelle - Campus Nation
L’événement s’est déroulé à Paris et Versailles, les 4, 5 et 6 décembre 2025.
Il a permis une réévaluation approfondie de l’œuvre de Florent Carton Dancourt, acteur central de la Comédie-Française naissante et auteur d’une soixantaine de pièces, dont plus d’un tiers remportèrent un important succès public.
Les allocations d’ouverture de Baptiste Manier, secrétaire général de la Comédie-Française, et de Louis-Gilles Pairault, conservateur de la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française, ont souligné la nécessité de réintégrer Dancourt dans le patrimoine institutionnel. L’introduction du colloque par le comité d’organisation a mis en avant le caractère emblématique de l’auteur, dont l’œuvre se distingue par une production tout à la fois en lien avec les sujets d’actualité et soucieuse des conditions de sa réception, deux éléments qui rendent compte d’un impératif de succès et inscrive l’œuvre dans son contexte économique et institutionnel. Le colloque-festival est par ailleurs en lien avec le projet d’édition scientifique du Théâtre complet de Dancourt en dix volumes, sous la direction de Sylvain Cornic et Éric Négrel, à paraître aux éditions Classiques Garnier, dans la « Bibliothèque du XVIIe siècle ».
La première journée, à la Comédie-Française, a été axée autour d’une approche institutionnelle et générique. Elle a mis en lumière la double identité de Dancourt : celle de l’homme de troupe et celle de l’auteur prolifique, dramaturge le plus joué après Molière à la Comédie-Française. Une lecture par Dominique Blanc et Danièle Lebrun, sociétaires de la Comédie-Française, d’un choix d’extraits de comédies de Dancourt a terminé cette journée inaugurale en faisant résonner avec éclat la dimension foncièrement comique de ce théâtre.
La deuxième journée, accueillie au Centre de Musique Baroque de Versailles, a porté une attention particulière à la dimension spectaculaire de l’œuvre dramatique de Dancourt, marquée par la collaboration avec les meilleurs compositeurs du temps, ainsi qu’avec des maîtres de danse, offrant un bel exemple de réunion des arts. Plusieurs contributions ont abordé la dimension musicale et chorégraphique de ces pièces, accordant une riche place aux travaux de recherche-création, dans le cadre d’une session intitulée « Musique et danse dans les intermèdes et les divertissements ». A été ainsi présenté le projet Get-in-past, consacré à une recherche exploratoire sur la lecture automatisée du second intermède des Trois cousines à l’aide de l’intelligence artificielle et de la réalité virtuelle. Cette recherche a été menée conjointement à un travail de recherche-création autour d’un espace immersif permettant de donner une idée des conditions de représentation d’un théâtre du XVIIIe siècle. Une « conférence dansée » portant sur les intermèdes de danse d’une reprise des Trois cousines par Auguste Ferrère à Valenciennes en 1782 a été accompagnée des danseur et danseuse Jehanne Baraston et Antonin Pinget, ainsi que des musiciens Colin Heller et Matthieu Franchin. Cette conférence-performance a illustré l’importance de la précision et des détails techniques de la danse du XVIIIe siècle, renforçant la thèse de l’hybridité structurelle de la comédie de Dancourt. La journée s’est achevée par une table ronde intitulée « Recherche-création : lectures actuelles de Dancourt », réunissant les organisateurs du colloque et Matthieu Franchin (Ensemble Le Grand Ballet & Sorbonne Université), Hubert Hazebroucq (Cie Les Corps Éloquents), Judith le Blanc (Université de Rouen Normandie), Tiphaine Karsenti (Université Paris Nanterre), et Agnès Bourgeois (Cie Terrain de Jeu & Université Paris Nanterre).
La dernière journée a mis en lumière les multiples « actualités » de Dancourt. Les intervenantes et intervenants ont souligné la connexion des « dancourades » avec les événements contemporains et différents discours médiatiques du temps. Par exemple, Gabriele Vickermann-Ribémont (Université d’Orléans) a étudié la satire juridique et les figures d’hommes de loi (souvent dépeints comme « douteux et profiteurs »), confirmant la connaissance du droit par Dancourt, qui produit une véritable « comédie de droit ». Une session consacrée aux « Questions de société » a exploré la dimension sociologique de l’œuvre (l’« invention de la banlieue » dans les petites comédies, l’opposition entre la provinciale et la Parisienne comme archétypes façonnés par l’espace et l’économie, la force des figures féminines la manière dont Dancourt met en question la condition féminine et les instabilités sociales. La dernière session, « Dancourt et les humanités numériques », a été consacrée à l’aide que les outils numériques pouvaient apporter à l’étude de ses œuvres : Ioanna Galleron (Université Sorbonne Nouvelle) a ainsi présenté le succès et les limites d’un système génératif basé sur un grand modèle de langage (LLM) dans le pastiche des comédies de Dancourt, ce qui a soulevé des questions sur la dimension préfabriquée du style de Dancourt..
Le colloque-festival s’est achevé, comme il se devait, en musique et en danses, avec le spectacle « Venez dans l’île de Cythère. Musiques et danses de Jean-Claude Gillier », créé par l’Ensemble Le Grand Ballet, sous la direction musicale de Matthieu Franchin (également au clavecin), dans une mise en scène de Marie-Astrid Adam, et avec la participation de Camille Fritsch (chant), Romain Bazola (chant et hautbois), Imanol Iraola (chant et percussions), Colin Heller (violon et vielle à roue), Armance Merle (flûte à bec et traverso) et Thomas Guyot (violoncelle).
Les trois journées du colloque-festival ont réuni un public nombreux et diversifié, dans des lieux accueillants et une ambiance conviviale, propices aux échanges humains et scientifiques. Suivant une approche pluridisciplinaire, l’événement a permis d’explorer les multiples facettes de l’œuvre du comédien-dramaturge et son intermédialité constitutive, marquée par la collaboration avec les meilleurs artistes du temps. En interrogeant ses dimensions culturelles, sociales, institutionnelles, dramatiques, musicales, chorégraphiques, ainsi que ses résonances actuelles, en donnant corps et voix à l’art protéiforme des spectacles, les travaux ont offert un regard renouvelé sur ce riche répertoire, tout en mesurant quels affects pouvaient être encore mobilisés par une œuvre qui célèbre l’imagination, l’audace et l’innovation.
Salle Mounet-Sully de la Comédie-Française
Théâtre pédagogique de l'Université Sorbonne Nouvelle - Campus Nation
Mise à jour : 4 février 2026
